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La Croix-Rouge canadienne brosse le portrait national du système de gestion des sinistres

Touchées plus durement et moins servies... une étude permet de révéler que les populations à risque élevé ont des besoins particuliers dont il faut tenir compte en cas de catastrophe

Que ce soit des ouragans sur la côte est, des tempêtes de verglas au Québec et en Ontario ou des inondations au Manitoba, les catastrophes ne touchent pas tous les Canadiens de la même façon. Selon une expérience menée, toutes les catastrophes ont une incidence plus grande sur les populations le plus à risque de notre société, soit les personnes âgées, les Autochtones, les nouveaux arrivants, les personnes à faible revenu et les sans abri, pour n'en nommer que quelques unes. Cette réalité met à rude épreuve le système de gestion des urgences du Canada et provoque des changements dans la démarche uniformisée traditionnelle en matière d'intervention en cas de sinistre.

Pour comprendre les besoins des populations à risque élevé et tenir compte de leurs besoins particuliers dans la planification des mesures d'urgence, un rapport intitulé Intégration de la gestion des urgences et des populations à risque élevé a été publié en 2008. Le rapport, dirigé par la Croix Rouge canadienne et réalisé grâce à une contribution financière de Sécurité publique Canada et de l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC), présente une vue d'ensemble nationale du système de gestion des sinistres.

La Croix Rouge canadienne a établi un partenariat avec l'équipe de recherche du Department of Applied Disaster and Emergency Studies de l'Université de Brandon et a interrogé 137 organismes dans l'ensemble du Canada, dont 48 étaient des organismes de gestion des services d'urgence destinés à la population en général tandis que 89 représentaient diverses populations à risque élevé, telles que les personnes handicapées, les personnes âgées, les enfants et les adolescents, les personnes ayant une dépendance médicale, les personnes atteintes d'une maladie mentale, les Autochtones et les personnes à faible revenu. On a analysé les données afin de relever les lacunes liées aux services et les obstacles à l'intégration des populations à risque élevé du Canada dans les systèmes de gestion des urgences.

L'étude, publiée en janvier 2008, a permis d'établir six constatations importantes.

  1. Il existe d'énormes lacunes dans les services aux populations du Canada les plus à risque.
  2. Les organismes de gestion des urgences doivent intégrer davantage les populations à risque élevé dans leurs activités de base.
  3. La plupart des organismes qui servent les populations à risque élevé considèrent l'intervention en cas d'urgence comme faisant partie de leur mandat, mais n'ont pas suffisamment de ressources pour mettre en œuvre les mesures appropriées.
  4. Compte tenu de leurs ressources financières et humaines limitées, les organismes du secteur bénévole qui servent les populations à risque élevé ne peuvent accroître leurs efforts en vue d'assurer la protection civile et la continuité des services.
  5. De nombreux organismes qui servent les populations à risque élevé ne sont pas prêts à faire face à une catastrophe.
  6. Les organismes de gestion des urgences et les organismes à risque élevé doivent être plus intégrés.

Selon Don Shropshire, directeur national, Gestion des sinistres, Croix Rouge canadienne, les recherches menées dans le cadre de cette étude nous permettent de déterminer les mesures à prendre afin de combler ces lacunes. L'étude fait en sorte de « nous montrer jusqu'à quel point le secteur bénévole joue un rôle essentiel dans les interventions en cas de catastrophe », a affirmé M. Shropshire. « Il faut investir plus de ressources dans les organismes à risque élevé qui s'efforcent d'accroître leur résilience en cas de catastrophe, et les organismes de gestion des urgences doivent offrir plus d'activités de sensibilisation en vue d'intégrer les populations à risque élevé dans le cercle d'intervention », a-t-il conclu.

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En bref

33 % des organismes du secteur bénévole et communautaire s’investissent dans la planification de la gestion des urgences à l’échelon fédéral.